CONFÉRENCES
Conférence de l'automne de l'Association des anciens patients de l'Institut de cardiologie d'Ottawa
Le 21 octobre 2002
« Les points importants de la recherche à l'Institut de cardiologie »
Dr Lyall Higginson
Plus de 110 personnes se sont rassemblées le lundi 21 octobre 2002, en soirée, pour écouter le Dr Higginson décrire les progrès passionnants de la recherche en cardiologie, dont une grande partie ont été réalisés à l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa.
Le président, Jim Phillips, a accueilli les membres et, avant de présenter le Dr Higginson, a fait état de certaines activités de L'Association des Anciens patients. Cette année, plus de 195 000 $ ont été consacrés aux travaux de l'Institut. Nous avons contribué à l'acquisition d'un appareil de dialyse, de 10 lits à la fine pointe de la technologie, de matériel pour les salles d'opération et à la formation du personnel infirmier. M. Phillips a remercié Dennis Doucette qui s'est occupé de la construction du nouveau site Web remarquable de l'association (www.ottawaheartalumni.ca). Il a invité les membres à aller consulter ce site rempli de nouvelles.
M. Phillips a demandé aux membres de noter que la prochaine assemblée générale annuelle de l'association aura lieu le 10 juin 2003. L'assemblée est toujours très populaire et la prochaine le sera encore plus étant donné que le conférencier sera Rod Bryden, président de World Heart et des Sénateurs d'Ottawa. M. Bryden a assuré à M. Phillips qu'il sera à notre AGA même si les Sénateurs jouent pour la Coupe Stanley ce soir-là.
Heather Campbell a présenté le Dr Higginson qui a commencé par remercier les membres de l'association pour leur soutien au fil des années. Une des forces de l'Institut, a-t-il affirmé, réside dans ses contacts étroits avec la collectivité locale.
Le Dr Higginson a commencé son exposé en mentionnant des chiffres intéressants : l'Institut possède un budget annuel de fonctionnement de 70 millions de dollars; le territoire qu'il dessert regroupe 1,8 million de personnes et il consacre 18 millions de dollars chaque année à la recherche.
Infarctus aigu du myocarde
Le Dr Higginson a d'abord parlé de l'infarctus aigu du myocarde (IAM), une crise cardiaque et la plus commune cause de décès, et de la façon que nous devrions y réagir. Il existe deux choix : l'administration d'un thrombolytique ou l'utilisation d'un ballonnet pour l'installation d'un tuteur (stent). L'élément le plus important est la rapidité du traitement.
L'administration rapide (en moins de 45 minutes) d'un thrombolytique augmente radicalement le nombre de vies sauvées. L'administration de ce médicament dans l'ambulance est donc à l'étude. Le Dr Higginson a rappelé qu'en dépit de tous ces progrès, l'aspirine demeure importante comme première intervention lors du déclenchement d'une crise cardiaque.
Cardiologie interventionnelle
Un problème majeur rencontré avec les tuteurs est que jusqu'à 25 % d'entre eux se rétrécissent à nouveau. Heureusement, un nouveau dispositif enduit d'une substance qui bloque le rétrécissement commence à faire son apparition sur le marché. Il constitue un énorme progrès en traitement cardiaque. Ça, c'est la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle est que ces nouveaux tuteurs coûtent 3 000 $ et que, jusqu'à présent, ils ne sont pas admissibles au financement public.
Communication interauriculaire (trou congénital entre les cavités cardiaques)
Il existe une nouvelle technique intéressante pour fermer les trous qui existent entre les cavités du coeur : un parapluie! Les cardiologues de l'Institut de cardiologie emploient une technique qui consiste à insérer deux parapluies miniatures dans l'artère fémorale au niveau de l'aine et à les diriger jusqu'au coeur. Là, ils ouvrent un parapluie de chaque côté du trou. Le cathéter qui a servi à amener tout l'assemblage dans le coeur est alors débranché et retiré, et peu après, les deux parapluies se soudent à la paroi auriculaire et bouchent l'orifice.
Tomographie par émission de positons - TEP
L'unité de tomographie cardiaque par émission de positons est une autre première au Canada et une innovation de l'Institut de cardiologie. Les cardiologues injectent dans le coeur une substance nucléaire (qui ne produit pas de nuage en forme de champignon) afin d'avoir une image très détaillée du coeur et de déterminer précisément si cet organe bénéficierait d'un pontage ou si une transplantation cardiaque s'impose.
Resynchronisation cardiaque
L'insuffisance cardiaque congestive est parfois aggravée par le dérèglement du système électrique du coeur. Les signaux électriques qui font que les deux côtés du coeur fonctionnent à un rythme normal se désynchronisent et le muscle cardiaque fonctionne alors de manière embrouillée. Les cardiologues de l'Institut ont été les premiers à utiliser des dérivations de stimulateur cardiaque novatrices, une fixée de chaque côté du coeur, pour le contrôler de sorte que le fonctionnement des deux côtés soit synchronisé.
Neurostimulation pour l'angine chronique réfractaire
Il arrive qu'un patient souffre d'angine de poitrine grave et que les traitements n'apportent pas de soulagement. Les cardiologues de l'Institut étudient une technique qui consiste à introduire dans le dos un stimulateur électrique, à proximité de la moelle épinière, de sorte que le signal électrique réduise substantiellement la douleur. Ainsi, le patient peut conserver un degré d'activité et une qualité de vie raisonnables.
Protection peropératoire
Il arrive qu'après avoir été branché à un appareil de circulation extracorporelle, le patient souffre parfois d'une altération mentale postopératoire. Les chercheurs de l'Institut étudient des moyens de réduire la probabilité de telles complications.
Réadaptation cardiaque
L'Institut mène des recherches pour savoir, par exemple, combien de temps devrait durer un programme de réadaptation cardiaque; si ce programme devrait se dérouler au centre de réadaptation ou si un programme à domicile donne d'aussi bons résultats.
Génétique
Le domaine de la recherche en génétique est en pleine expansion. Elle peut se révéler bénéfique, par exemple, dans le domaine des médicaments. Actuellement, les personnes souffrant d'une maladie du coeur prennent un cocktail de médicaments mis au point à la suite de recherches menées auprès d'un grand groupe de personnes, ce qui fonctionne pour ce groupe. Cependant, chaque personne à un bagage génétique différent et chacune n'a peut-être pas besoin de tous les médicaments du cocktail. Pour le moment, nous ne savons pas précisément qui a besoin de quoi. Un jour, cependant, nous aurons tous un document indiquant notre code génétique et les cardiologues pourront concevoir un traitement adapté à chaque personne. Nous aurons ainsi moins de médicaments à prendre et les coûts des soins de santé s'en trouveront réduits.
Angiogenèse
Une nouveauté intéressante actuellement à l'essai est l'injection dans le coeur d'un composé génétique conçu pour amener le coeur à fabriquer de nouvelles artères. Il est encore trop tôt pour l'évaluer, mais pensez au potentiel de cette technique.
Et maintenant, n'auriez-vous pas aimé être des nôtres pour entendre aussi toutes ces nouvelles?
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