CONFÉRENCES
Conférence du printemps de l'Association des anciens patients de l'Institut de cardiologie d'Ottawa
Le 10 mai 2004
« Pourquoi se soucier de sa tension artérielle »
Dr Frans H. H. Leenen
Le Dr Frans Leenen s'adresse aux Anciens
Si votre tension artérielle s'élève à plus de 140, vous devez la faire baisser. C'est le message qui a été lancé aux membres de l'Association des anciens de l'Institut de cardiologie lors de la conférence du printemps qui a eu lieu dans la soirée du 10 mai. Les résultats de recherche présentés durant ce séminaire intitulé « Pourquoi se soucier de sa tension artérielle? » suffisaient à eux seuls à faire monter la tension artérielle des personnes présentes et à les inciter à prendre les moyens nécessaires pour la faire baisser.
Le Dr Leenen a également cité la célèbre phrase d'Ashley Montagu : « L'idée, c'est de mourir jeune le plus tard possible ». Grâce à un programme efficace de médecine préventive, on pourra rester en bonne santé aussi longtemps que possible. Un Canadien sur dix âgés de 65 à 75 ans est hospitalisé par suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC) et le taux grimpe en flèche après cet âge. La corrélation entre l'AVC et l'hypertension est très forte. Par conséquent, en diminuant sensiblement sa tension artérielle, une personne réduit considérablement son risque d'avoir un AVC. Il faut donc abaisser sa tension artérielle et rester jeune!
Par ailleurs, il a été surprenant d'apprendre que même si la plupart des personnes de 65 ans et plus font mesurer leur tension artérielle, bien peu de mesures directes sont prises pour la faire baisser. Des enquêtes révèlent que 50 p. 100 des personnes de plus de 65 ans sont atteintes d'hypertension. Or, 22 p. 100 des personnes qui savent qu'elles souffrent d'hypertension ne font rien pour la maîtriser. Plus on est âgé, plus faibles sont les chances que sa tension artérielle soit maîtrisée. La moitié des personnes de 65 à 74 ans ignoraient qu'elles souffraient d'hypertension.
Pourquoi la tension artérielle est-elle si mal maîtrisée? Le Dr Leenen a mentionné les raisons suivantes :
- les patients ne respectent pas les directives;
- les médecins éprouvent de la difficulté à maîtriser la tension artérielle.
Pour appuyer cette dernière affirmation, il a indiqué que, dans le cadre d'une étude, les mesures de la tension artérielle étaient constamment supérieures à 160/90 chez 40 p. 100 des hommes, sans qu'aucun traitement soit conseillé à ces derniers, même s'ils consultaient leur médecin six fois par année. Selon une autre étude, seulement le tiers des femmes souffrant d'hypertension avaient été invitées à modifier leur mode de vie. Pourtant, il a été clairement démontré que des soins de qualité contribuent à réduire considérablement la tension artérielle et les risques connexes.
Pour gérer l'hypertension, il faut d'abord évaluer la tension artérielle, puis prescrire un traitement axé sur la réalisation d'un objectif précis. Le Dr Leenen a insisté sur le fait que le patient doit participer à ce processus : il doit savoir quelle est sa tension artérielle et s'assurer qu'il a un traitement qui correspond à l'objectif fixé.
Un diagnostic exact aura une incidence sur le reste de la vie d'un patient. Il existe malheureusement de nombreuses sources d'erreurs en ce qui a trait à la mesure de la tension artérielle, à savoir :
- des facteurs liés au patient;
- de piètres techniques de mesure;
- conversation avec l'observateur;
- absence de période de repos avant la mesure;
- syndrome de la blouse blanche.
Parmi les facteurs liés au patient, citons les facteurs physiques tels que la douleur, le stress ou l'anxiété, la distension vésicale, le fait de manger, de parler ou de fumer ainsi que la consommation de café et de médicaments en vente libre.
Pour poser un bon diagnostic, il faut utiliser des techniques de mesure standardisées. Cela signifie, entre autres, prévoir une période de repos de cinq minutes avant la prise de la mesure; se servir d'un brassard de la taille qui convient (la taille du brassard doit correspondre à la circonférence du bras); bien placer et bien soutenir le bras, et ne pas avoir de conversation avec l'observateur. Idéalement, la mesure devrait être prise par une infirmière plutôt que par un médecin (pour éviter le syndrome de la blouse blanche).
Il est recommandé de mesurer la tension artérielle à la maison. Cependant, il faut s'assurer de connaître la bonne technique. Répétez la prise des mesures : prenez les mesures le matin et le soir, et prenez les tous les jours pendant la première semaine. Le meilleur moment de la journée pour ce faire est le matin, avant la prise des médicaments.
Le Dr Leenen a de plus insisté sur l'importance du traitement axé sur la réalisation d'un objectif. Si votre tension artérielle systolique se situe entre 130 et 139, modifiez votre mode de vie. Si vous faites 160/100, la pharmacothérapie devient alors importante. De plus, si vous éprouvez quelque problème que ce soit attribuable à l'hypertension ou si vous souffrez de diabète, vous devez ramener votre tension artérielle sous la barre des 130. Modifier son mode de vie signifie :
- cesser de fumer;
- perdre du poids;
- consommer de l'alcool avec modération;
- réduire sa consommation de sel;
- faire plus d'activité physique.
Les médicaments utilisés pour maîtriser l'hypertension sont regroupés en six catégories. Les facteurs liés au patient contribuent à déterminer les médicaments à prescrire. En règle générale, il faut avoir recours à une combinaison de médicaments, et les médicaments à la mode promus à grand renfort de publicité ne sont pas toujours les meilleurs.
Le Dr Leenen a conclu en disant qu'il est possible de traiter efficacement l'hypertension de façon à réduire les risques d'infarctus et d'AVC chez presque tout le monde. Donc :
- faites mesurer votre tension artérielle correctement;
- assurez-vous de commencer le traitement et de le poursuivre;
- fixez-vous un objectif précis;
- prévoyez un suivi avec votre médecin;
et restez jeune le plus longtemps possible!
Autres conférences
|